L’économiste et chercheur sénégalais Ndongo Samba Sylla, connu pour ses positions critiques sur le système économique mondial, a récemment livré une réflexion percutante sur les bouleversements géopolitiques en cours. Dans un contexte marqué par une recomposition des rapports de force mondiaux, il estime que « l’Occident se rend compte qu’il n’a plus l’hégémonie qu’il avait », une déclaration qui résonne fortement à l’heure où les pays du Sud affirment de plus en plus leur autonomie stratégique.

Pour Sylla, cette perte progressive d’influence occidentale ne date pas d’hier. Elle s’explique par plusieurs facteurs, dont la montée en puissance de pays émergents comme la Chine, l’Inde, le Brésil, mais aussi par le réveil politique de nombreux États africains qui remettent en cause l’ordre économique établi après la Seconde Guerre mondiale.

« L’Occident, habitué à imposer ses règles à travers des institutions comme le FMI, la Banque mondiale ou l’OMC, voit aujourd’hui ces mécanismes contestés. Le monde devient multipolaire, et ce changement crée une tension perceptible dans les relations internationales », explique Sylla.
Il souligne également que ce basculement s’accompagne d’une crise de légitimité des élites occidentales, incapables de proposer une réponse cohérente aux grands défis du moment, notamment le changement climatique, les inégalités globales et la crise de la démocratie.

Dans ce contexte, Ndongo Samba Sylla appelle les pays africains à tirer les leçons de l’histoire : « C’est le moment d’inventer nos propres modèles économiques, adaptés à nos réalités. Il ne s’agit plus de copier des recettes extérieures, mais de construire une voie africaine de développement. »

L’analyste voit dans cette rupture une opportunité historique pour le continent. Selon lui, la fin de l’hégémonie occidentale ne signifie pas le chaos, mais plutôt la possibilité d’un rééquilibrage global plus juste, si les pays du Sud savent en tirer parti.

Auteur :DIOGOPE FAYE

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