Le 20 août 2025, les États-Unis ont imposé des sanctions à quatre hauts responsables de la Cour pénale internationale (CPI), dont le procureur adjoint sénégalais Mame Mandiaye Niang. Ces mesures, qui incluent le gel des avoirs et l’interdiction d’entrée sur le territoire américain, visent également les juges Nicolas Guillou (France), Kimberly Prost (Canada) et Nazhat Shameem Khan (Fidji). Washington reproche à ces magistrats leur implication dans des procédures visant des ressortissants américains et israéliens, notamment l’émission de mandats d’arrêt contre le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et l’ancien ministre de la Défense Yoav Gallant pour des crimes présumés commis lors du conflit à Gaza [1] .

En réaction, le gouvernement sénégalais a exprimé sa vive condamnation de ces sanctions. Dans un communiqué du ministère de l’Intégration africaine et des Affaires étrangères, le Sénégal a qualifié ces mesures de “grave atteinte au principe de l’indépendance de la justice” et a appelé les autorités américaines à les retirer. Le Sénégal, premier pays à avoir ratifié le Statut de Rome, a réaffirmé son soutien indéfectible à la CPI et a exprimé sa solidarité envers M. Niang et les autres magistrats concernés.
La Cour pénale internationale a également réagi en dénonçant une “attaque directe” contre son indépendance et sa mission de justice internationale. Elle a souligné que ces sanctions constituent une menace pour l’ordre international fondé sur le droit et un mépris pour les millions de victimes de crimes graves à travers le monde [2] .

Cette situation met en lumière les tensions persistantes entre les États-Unis et la CPI, notamment concernant la compétence de la Cour à enquêter sur des ressortissants de pays non membres du Statut de Rome. Elle soulève également des questions sur l’équilibre entre la souveraineté nationale et la nécessité d’une justice pénale internationale indépendante.

 

Auteur: DIOGOPE FAYE

 

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