Kébémer – Marché central : les clients dénoncent la cherté de la viande.
Depuis plusieurs semaines, la hausse du prix de la viande au marché central de Kébémer alimente la grogne des consommateurs. Entre bouchers qui évoquent des contraintes économiques et clients mécontents, la tension monte.
Selon lui, les bouchers subissent la pression autant que les clients. « Nous aussi, nous avons des familles à nourrir. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vendons si cher », insiste-t-il.
Au marché central de Kébémer, la viande est devenue un sujet de discorde. Les clients qui s’y rendent quotidiennement constatent avec amertume la flambée des prix. « Avant, on pouvait acheter un kilo de viande sans trop réfléchir. Aujourd’hui, ce n’est plus possible. Les prix sont trop élevés pour nos bourses », se plaint Mariama Diop, une ménagère rencontrée devant les étals.
Les bouchers pointés du doigt
Ilimane Mbogj, boucher installé depuis plus de dix ans au marché, est en première ligne face aux critiques. Pourtant, il affirme que la situation échappe à son contrôle :
« Beaucoup pensent que nous exagérons, mais ce n’est pas vrai. Le prix du bétail a fortement augmenté à cause de la rareté et du coût du transport. Si nous vendons moins cher, nous n’arrivons même pas à couvrir nos charges », explique-t-il.
Selon lui, les bouchers subissent la pression autant que les clients. « Nous aussi, nous avons des familles à nourrir. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous vendons si cher », insiste-t-il.
centrale de Kébémer
Des consommateurs à bout
Malgré ces explications, les clients disent ne plus supporter cette hausse. Beaucoup se tournent désormais vers d’autres alternatives.
« La viande devient un luxe. On achète seulement pour les grandes occasions. Sinon, on se rabat sur le poisson, même si lui aussi est cher, ou sur les légumes », confie Mamadou Fall, père de famille.
Une vendeuse de condiments du marché, témoin de la scène, ajoute : « Les femmes viennent acheter de petites portions. Certaines demandent même pour 200 ou 300 francs de viande, ce qui montre à quel point la situation est difficile. »
Une crise qui interpelle
La cherté de la viande à Kébémer illustre une difficulté plus large touchant de nombreuses localités du pays. L’accès aux denrées de première nécessité devient de plus en plus difficile pour les ménages modestes. Les consommateurs appellent les autorités à intervenir pour réguler les prix et soulager leur quotidien.
En attendant, la colère gronde au marché central. Entre bouchers et clients, la tension reste vive, et la viande, jadis un aliment populaire et accessible, tend à devenir un privilège réservé aux plus aisés.
Auteur Daba Fall
