Le Sénégal a perdu l’une de ses grandes figures du monde judiciaire et de la défense des droits humains. Le juge El Hadji Guissé est décédé, laissant derrière lui un héritage marqué par l’intégrité, la rigueur et l’engagement pour la justice sociale (source : Seneweb).
Juriste chevronné, il avait intégré la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples en janvier 2006, avant d’y revenir en 2012 pour un second mandat. Son expertise et son sens de l’équité ont contribué à consolider l’autorité de cette institution continentale.
Au niveau national, le juge Guissé a exercé à plusieurs postes clés : juge d’instruction à Dakar, président de section au Tribunal du travail, magistrat au Tribunal d’exception, conseiller puis président de chambre à la Cour d’appel de Dakar, et directeur adjoint des Affaires criminelles et des Grâces. Parallèlement, il a formé plusieurs générations de magistrats, de policiers et de cadres au sein de l’École nationale d’administration et de la magistrature (ENAM) et d’autres institutions de formation.
Son engagement s’est également exprimé sur la scène internationale. Membre de la Sous-Commission des Nations Unies contre les pratiques discriminatoires, il y a occupé les fonctions de rapporteur, vice-président et président. Il a aussi été rapporteur spécial sur le droit à l’eau potable et a dirigé le Groupe de travail chargé d’évaluer l’impact des sociétés transnationales sur les droits de l’homme.
Ces dernières années, il siégeait encore à la Commission nationale électorale du Sénégal, confirmant son attachement indéfectible aux valeurs démocratiques et à l’État de droit.
Le décès du juge El Hadji Guissé marque la fin d’une carrière exemplaire, au service de la justice et de l’humanité. Sa disparition laisse un grand vide dans le paysage judiciaire, mais son œuvre et son engagementresteront une source d’inspiration.
Auteur: Daba Fall
